L’âgisme, c’est-à-dire les préjugés et discriminations liés à l’âge, reste un phénomène trop souvent ignoré en France. Il influence la manière dont nous percevons nos aînés et limite leur place dans la vie sociale, citoyenne et économique.
Conscient de cet enjeu, le Conseil de l’âge, rattaché au Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge (HCFEA), a adopté en septembre 2025 un plan de lutte contre l’âgisme en dix propositions pour bâtir un véritable plan national de lutte contre l’âgisme.
Ces mesures s’articulent autour de quatre grands axes : mieux connaître, changer les représentations, renforcer la participation et adapter les institutions.
1. Mieux connaître et mesurer l’âgisme
Avant d’agir, il faut comprendre. Le Conseil recommande :
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d’améliorer la collecte et la diffusion des données sur les conditions de vie des seniors,
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de créer un baromètre triennal pour mesurer régulièrement les stéréotypes et discriminations liés à l’âge, ainsi que leur évolution dans le temps.
2. Transformer les représentations et les discours
Le regard porté sur la vieillesse reste souvent négatif, centré sur la perte et le déclin. Pour inverser cette vision, le Conseil propose de :
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valoriser les atouts de la longévité à travers des campagnes positives (« Je vieux, je peux ! »),
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utiliser un vocabulaire plus respectueux, en évitant les termes stigmatisants comme « dépendance »,
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établir de nouvelles lignes directrices afin d’assurer une représentation juste et réaliste des seniors dans les médias, la publicité et la création audiovisuelle.
3. Renforcer la participation des seniors
Les personnes âgées doivent rester pleinement actrices de la société. Le Conseil préconise de :
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multiplier les lieux et occasions d’interactions intergénérationnelles,
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faciliter l’engagement de tous les seniors, y compris les plus fragiles,
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lever les freins financiers et matériels à la participation bénévole, notamment en rendant la fiscalité plus incitative et en soutenant mieux les initiatives locales.
4. Adapter les politiques publiques et les institutions
Enfin, pour répondre à la transition démographique, le Conseil recommande de :
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revoir les seuils d’âge dans les mandats et instances de représentation, car l’engagement citoyen ne devrait pas être limité par l’âge,
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adopter une loi de programmation sur 10 à 15 ans, afin de planifier les besoins futurs et mobiliser les acteurs publics et privés autour des défis de la longévité, en lien avec les transitions écologique et numérique.
Vers une société plus inclusive
Ces propositions vont bien au-delà d’un simple changement de regard : elles appellent à transformer en profondeur nos institutions et nos pratiques.
Lutter contre l’âgisme, c’est reconnaître à chaque personne âgée ses droits, ses capacités et sa contribution à la société, quel que soit son âge ou son état de santé.
Le Conseil de l’âge dessine ainsi la voie vers une société plus inclusive et fraternelle, mieux préparée à la transition démographique et fidèle à un principe essentiel : la dignité à tous les âges de la vie