Selon la note d’analyse publiée en décembre 2025 par le think tank Matières Grises, à partir de l’exploitation des données officielles de la Haute Autorité de Santé (HAS), les EHPAD privés commerciaux affichent les meilleurs niveaux de qualité jamais objectivés en France

Pour la première fois, une évaluation nationale standardisée permet de comparer les établissements accueillant des personnes âgées sur des critères homogènes, publics et opposables. Et les résultats sont sans ambiguïté.

Une mesure inédite de la qualité

Jusqu’en 2025, aucune mesure objective ne permettait d’apprécier la qualité réelle des 7 500 EHPAD français. La HAS a comblé ce vide en déployant un référentiel unique fondé sur 157 critères, regroupés en 42 objectifs et 3 grands chapitres : les personnes accompagnées, les professionnels et l’établissement

Parmi ces critères, 18 sont impératifs pour les EHPAD. Ils portent sur les droits fondamentaux des résidents, la prévention de la maltraitance, la sécurité du circuit du médicament ou encore la gestion des situations de crise. Leur respect pèse lourdement dans la cotation finale.

Afin de rendre ces résultats lisibles pour le grand public, la HAS a instauré une échelle simple, de A à D, appelée Qualiscore, désormais publiée sur la plateforme Qualiscope et affichée dans chaque établissement.

Les EHPAD privés dominent nettement les meilleures cotations

À la mi-décembre 2025, 3 526 EHPAD ont vu leurs résultats publiés, soit près de 48 % du parc national. Tous statuts confondus, 34,7 % des établissements obtiennent la cotation maximale A. Mais cette moyenne masque de profondes disparités.

Dans le secteur privé commercial, 53 % des EHPAD sont classés A, contre 33 % dans le secteur associatif et seulement 23 % dans le secteur public

L’écart est massif : 30 points séparent les EHPAD commerciaux des EHPAD publics, un différentiel rarement observé dans les politiques publiques.

À l’autre extrémité de l’échelle, seuls 9 % des EHPAD commerciaux sont classés C, contre 20 % dans l’associatif et 29 % dans le secteur public. Les cotations D y restent marginales.

Des critères essentiels mieux respectés

Cette surperformance repose notamment sur un meilleur respect des critères impératifs. Les EHPAD commerciaux en valident en moyenne 15 sur 18, contre 13,4 dans le secteur associatif et 12,3 dans le secteur public

Ces critères, qui touchent directement aux libertés, à la sécurité et à la dignité des personnes âgées, constituent le socle le plus exigeant du référentiel HAS. Leur maîtrise explique en grande partie le positionnement élevé du secteur commercial.

Un démenti aux idées reçues sur la lucrativité

Ces résultats prennent une résonance particulière dans un contexte où les groupes privés commerciaux ont été durablement mis en cause dans le débat public. Depuis plusieurs années, une partie du discours politique et médiatique associe lucrativité et moindre qualité.

Or, les données issues de la HAS, analysées par Matières Grises, disent exactement l’inverse

Il ne s’agit ni d’un classement médiatique ni d’une enquête d’opinion, mais d’une évaluation conduite par une autorité publique indépendante, selon un référentiel unique appliqué à tous.

Organisation et pilotage de la qualité : un avantage décisif

Autre enseignement important : le niveau de qualité mesuré n’est pas directement corrélé au ratio de personnel. Les EHPAD publics disposent pourtant de taux d’encadrement plus élevés, notamment en personnel soignant, mais obtiennent des scores inférieurs.

L’avantage des EHPAD commerciaux semble plutôt résider dans leur organisation : équipes qualité dédiées, procédures harmonisées, outils communs, accompagnement des directions locales. Face à un référentiel qui valorise fortement la formalisation, la traçabilité et l’amélioration continue, cette structuration fait la différence.

Une nouvelle donne pour les familles et les établissements

Avec des résultats désormais publics, affichés et valables cinq ans, le Qualiscore devient un outil structurant dans la relation entre les EHPAD et les usagers. Les établissements classés A — notamment dans le secteur commercial — disposent d’un levier de reconnaissance institutionnelle inédit. À l’inverse, ceux classés C ou D devront expliquer, corriger et convaincre.

Longtemps invisibles, les performances des EHPAD commerciaux sont aujourd’hui objectivées et reconnues par l’autorité sanitaire elle-même. Une évolution majeure qui pourrait durablement transformer les perceptions, les choix des familles et les équilibres du secteur du grand âge.

 

En savoir plus : Evaluations de la Haute Autorité de Santé : Les EHPAD privés loin devant  – Matières Grises – Le Think Tank – décembre 2025 

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